Logo Etudiant.ma

INTERVIEW AVEC M. NOUREDDINE CHERKAOUI.

Professeur à l’Université Hassan II. Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales


1. Pourriez-vous faire l’état des lieux du marché de l’emploi au Maroc sur fond de la crise économique ?

Je pense que depuis le démarrage de la crise, certains secteurs ont été touchés du fait de leur statut en tant que sous traitants pour certains pays d’Europe ou d’Amérique du nord, ou du fait de leurs liens avec des multinationales pour lesquelles elles assurent une production délocalisée ou en partenariat.

Les données tendancielles mais qui sont contradictoires situent d’une part les pertes d’emplois à des niveaux très faibles, soit moins de 5.000 telles que MONSIEUR ABDELOUAHID KHOUJA Secrétaire général du ministère de l’emploi et de la formation professionnelle l’a déclaré le 08.05.2009 à Casablanca, alors que d’autres estimations situent les pertes d’emplois cumulées à plus de 60.000.



2. Quels sont les secteurs touchés par les effets de cette crise ?

D’après les statistiques, le secteur le plus touché est celui du textile-habillement connu pour être le champion de la sous traitance. Certaines estimations ont évalué les emplois perdus, les contrats suspendus et les mises en chômage technique à environ 47.000.

Le second secteur touché est celui des équipementiers de l’industrie automobile suite aux contre performances constatées du secteur automobile en Europe et aux Etats Unis en 2008.

On a également constaté certains ralentissements dans les métiers de l’offshoring, mais à ce niveau il faut nuancer l’analyse dans la mesure où certaines entreprises ont été plus touchées que d’autres.

Le secteur touristique a connu un ralentissement des arrivées des touristes internationaux de séjour depuis novembre 2008  ce qui a eu un effet sur l’emploi avec encore une fois des estimations contradictoires et des explications qui le sont plus.

A titre d’exemple, ce secteur qui fait appel à un nombre important de stagiaires en alternance, d’intérimaires, d’occasionnels et d’extras fonctionne avec un noyau dur et fait appel à un nombre très élevés de personnes dans le cadre de contrats de travail caractérisés par la précarité.

Ainsi ne pas renouveler un contrat à durée déterminée, suspendre les contrats des occasionnels et des intérimaires qui sont dans ce genre de statut sur des périodes supérieures à une année voire supérieures à plusieurs années, ces deux actions de flexibilité du marché du travail ne sont pas considérée comme des pertes d’emplois mais plutôt selon les responsables du secteur comme des ajustements naturels vue les caractéristiques du secteur notamment la saisonnalité ou sa forte sensibilité vis à vis des crises quelques soient leurs natures.

3. D’après vous quels sont les secteurs qui résistent face à la crise actuelle ?

Globalement, les autres secteurs mis à part ceux signalés auparavant résistent assez bien.

A titre d’exemple, tout le monde pensait il y a neuf mois que l’immobilier serait touché. En fait, si l’habitat économique a connu une petite régression, le moyen et le haut standing continuent à bien se porter, pour preuve les prix pour ces types de résidences se sont stabilisés voir même augmentés dans certains quartiers résidentiels des grandes villes.

En second lieu, le secteur bancaire et des assurances semble en bonne santé du fait qu’il n’a pas été touché selon les déclarations officielles par les produits dérivés. Pour une fois, le conservatisme et le respect des règles prudentielles de nos banquiers  ont été deux facteurs positifs pour le secteur.

Les services et les commerces du prêt à porter, de l’électroménager, de l’audiovisuel, de la téléphonie mobile, des loisirs… continuent globalement à bien se porter, même s’il faut relier la tendance très positive des dernières années aux facilités d’accès aux crédits à la consommation et à l’équipement sous toutes leurs formes, ainsi que la genèse d’une classe moyenne.


4. Quelles sont les fonctions où l’on recrute le plus aujourd’hui ?


On constate le maintien ou l’évolution des recrutements dans :

- Les calls centers.

- Les activités commerciales.

- Les autres métiers de la gestion tels que la comptabilité, la finance, le marketing, les ressources humaines, le contrôle de gestion, l’audit…

- Un métier qui monte est celui des achats et de la logistique.

- Les métiers de l’informatique et des technologies de l’information et de la communication, tels que les responsables des systèmes d’informations, les analystes programmeurs, les gestionnaires des réseaux et des bases de données documentaires, les concepteurs de solutions techniques ou de gestion, les infographistes, les créateurs de sites Web, de jeux en 2D et en 3D, les dessinateurs industriels…

- Les métiers de l’art, de la création artistique et de l’animation culturelle et des spectacles.

- Les métiers de la publicité, de la promotion des ventes et de l’événementiel…


5. Avez-vous des conseils à donner aux demandeurs d’emploi dans ces secteurs ?


A ce jour où la mondialisation rythme notre vie et celle des entreprises, les organisations se doivent de fonctionner en tenant compte de la complexité économique actuelle afin de s’ajuster à leur environnement et d’obtenir des résultats.

Pour survivre, l’entreprise a une obligation de résultats; des résultats quantitatifs puisque économiquement mesurables, il en va de soi, tels que le chiffre  d’affaires, le résultat net, la part de marché, les équilibres financiers…mais également des résultats plus subtiles, qualitatifs, tels que l’image de marque, la notoriété, la qualité des systèmes de gestion… et ceci dans le but de faire face aux pressions et contraintes des clients, des actionnaires et des pressions internes.

C’est pour cette raison que l’entreprise marocaine cherche aujourd’hui des profils qu’elle ne trouve pas, et des jeunes cherchent des emplois qu’ils ne trouvent pas dans certains cas.

Le profil recherché actuellement doit remplir les conditions suivantes :

- Une bonne aptitude à l’expression et à la communication écrite et orale en trois langues minimum ;

- Une grande ouverture sur les aspects multidimensionnels de l’environnement politique, juridique, économique, social, culturel, scientifique, technique…

- Disposer de grandes compétences techniques ou ce qu’on appelle plus simplement un métier ;

- Avoir aussi des compétences comportementales ou génériques telles que l’adaptabilité, le sens du client, le sens des responsabilités, la rigueur, le sens de la qualité…

- Et enfin, de grandes capacités d’initiative et de créativité.

En fait, l’entreprise marocaine ou installée au Maroc cherche de plus en plus à  réguler les fonctionnements humains, à doter chaque fonction en effectifs suffisants en nombre et en qualifications, à limiter les risques sociaux, à construire des solutions aux problèmes rencontrés, à optimiser la communication, le management et l’organisation de travail, et c’est pour cette raison qu’elle a besoin de ressources humaines employables, compétentes, efficaces et efficientes.

Recherche par école

Moteur de recherche

Sans
Bac
Avec
Bac
Master et
Cycle sup




Test d'orientation Grauit

Newsletter

Recevez chaque semaine l'information sur :

Les écoles se présentent

prev









next

 


Plan du site