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Stéphane est un jeune Franco-marocain, originaire d’Essaouira. Il est financier dans une multinationale au Maroc. Un poste qu’il a décroché facilement dès son entrée de Grande Bretagne. Ce lauréat de la légendaire Université britannique Cambridge nous dévoile le secret de sa réussite et nous raconte son expérience en tant qu’étudiant à l’étranger. Issu d’une famille peu aisée, il a dû galérer pour financer une part de ses études et son séjour en Grande Bretagne. Interview.
Rares sont les marocains qui s’inscrivent dans une université britannique. Pourquoi ce choix?
En effet, les marocains en Grande Bretagne sont moins nombreux par rapport aux étudiants des autres pays. Ils sont même rares à Cambridge où la sélection des candidatures passe par plusieurs étapes sévères. L’étude du dossier prend plusieurs mois. Les tests d’accès sont durs. Sans oublier, bien évidemment, le coût des études qui n’est pas à la portée de tous. Avec mes moyens financiers je pouvais vivre paisiblement dans d’autres pays, comme l’Espagne ou la France, mais la barre de mes ambitions était un peu haute. Surtout que j’ai vu un film qui racontait l’histoire d’un étudiant Pakistanais à Cambridge. L’obstination de ce jeune étudiant m’a motivé pour faire ce choix. Un choix que je ne regrette pas.
Parlez-nous de votre arrivée à Cambridge?
Bien avant, j’aimerai raconter les préparatifs de ce voyage qui allait durer quand même quelques années. Mes parents étaient clairs avec moi dès le début: pas question de venir au Maroc chaque été. Je devais donc travailler pendant les vacances pour financer une partie de mes études ainsi que mes frais de séjour. Pour n’importe qui ces conditions sont démotivantes. Mais l’histoire du Pakistanais me revenait à chaque moment. Ce qui m’a incité à m’accrocher davantage à mon rêve. En plus, être lauréat de Cambridge est un privilège. J’ai dépassé tous les obstacles administratifs pour décrocher mon inscription et puis mon visa d’étude en Grande Bretagne.
Une fois sur place, mon arrivée a été marquée par un fait inoubliable. Par miracle, j’ai rencontré un ami d’enfance avec qui je passais les vacances d’été à la plage d’Essaouira. Issu d’un mariage mixte Anglo-marocain, mon ami est employé d’une compagnie aérienne low-cost. Il vit avec sa famille en Angleterre depuis 5 ans. Cette rencontre à l’aéroport a changé le cours de mon histoire. Il m’a invité chez lui pendant trois jours. Ce court séjour à Londres m’a conforté psychologiquement. Le sentiment d’avoir quelqu’un sur place est pour moi un cadeau divin. C’est d’ailleurs mon ami qui m’a accompagné jusqu’à l’Université. Il m’a même soutenu pendant les démarches d’inscriptions à l’université. Ses parents m’ont offert des accessoires utiles pour mon séjour au foyer de l’université. Une fois sur place, je n’ai pas tardé à intégrer un groupe d’étudiants Australiens avec qui je partage le même hobby: le Surf.
Parlez-nous de votre émotion une fois à Cambridge…
J’ai trop espéré la présence de mes parents au moment où je mettais les pieds dans la légendaire Université de Cambridge. J’avoue que j’avais les larmes aux yeux. C’étaient des moments très forts en émotions. Heureusement que mon ami était à mes côtés. Il m’a soutenu énormément. Je suis resté figé pendant quelques minutes à contempler la splendeur des bâtiments et ce grand parc. A chaque occasion, quand je voyage en Grande Bretagne, je m’y rends pour ressentir cette émotion. Je crois que mes autres camarades partageaient le même sentiment que moi.
Et le logement à Cambridge?
Je n’ai pas tardé à rejoindre le foyer universitaire de la faculté Anglia Polytechnic University. Vu mes budgets j’ai partagé la maison avec quatre étudiants de nationalités différentes, dont deux Australiens. Dès le premier contact, on a entretenu un bon échange. On a passé de longues journées à discuter et se présenter. Ils étaient fascinés par la culture marocaine comme j’ai aimé la leur. Avec mes camarades Australiens j’ai noué une forte amitié qui dure jusqu’à aujourd’hui. Je garde de bons souvenirs de la cohabitation avec les autres étudiants. Le voisin Français était un peu solitaire au début mais il n’a pas tardé à rejoindre le groupe.
Comment se déroule la rentrée scolaire à Cambridge?
Certes, elle est un peu spéciale. La journée d’intégration est trop différente par rapport aux universités. L’administration et les étudiants organisent des conférences pour expliquer aux nouveaux venus le fonctionnement des études et surtout le règlement interne. La semaine d’intégration est trop mouvementée à Cambridge.
Quels sont les obstacles que vous avez rencontrés?
Pour tout étranger, le séjour en Grande Bretagne est plein d’obstacles. Surtout quand tu n’es pas assez riche. A l’Université, j’ai rencontré également de légères difficultés au début de l’année vu le niveau de mon anglais. Les enseignants parlaient vite et utilisaient parfois un jargon que j’ignorais surtout pour les matières scientifiques. Ceci a duré quelques semaines. A l’aide des professeurs, j’ai dépassé cet obstacle. Viendra ensuite les frais quotidiens qui impactaient sur mon budget. Je ne pouvais pas travailler dès la première année. J’ai donc attendu les vacances d’été pour chercher un boulot. Mon ami m’a déniché un travail dans une station service à la sortie de la ville. C’était d’ailleurs mon premier boulot. J’en garde toujours de bons souvenirs. Mon patron était très gentil avec moi. Il me déposait le soir devant le foyer et me ramenait le matin quand il a le temps.
La météo n’a pas joué en ma faveur au cours de mon séjour en Grande Bretagne. Le ciel est quasiment gris. Le temps est froid, humide et pluvieux. Ce qui a rendu difficile mes déplacements à l’extérieur de la ville. Grâce à un professeur, j’ai pu décrocher un travail dans les collèges à Cambridge. J’ai travaillé dans la restauration. De temps à autre, je donnais des cours aux particuliers en Maths et en Statistiques. Ce travail à mi-temps a développé mes relations avec les autres étudiants ainsi qu’avec l’administration qui me confiait parfois des tâches dans l’organisation des événements de l’Université.
En revanche, je n’ai pas raté la bonne partie de la vie sociale à Cambridge, entre boîtes de nuit, pubs et soirées estudiantines dans les maisons des copains. Certes, je n’y étais pas invité mais comme serveur. Un boulot supplémentaire pour arrondir mes fins de mois.
Un conseil aux étudiants désirant étudier à Cambridge?
Qu’ils soient spontanés et ouverts aux autres cultures. La meilleure astuce pour réussir c’est de rester soi-même. Elargir les contacts avec toutes les catégories d’étudiants et rencontrer le maximum de gens, même à l’extérieur de l’université. Et pour ne pas rater la splendeur des Collèges de Cambridge, avec leur architecture qui renferme une histoire fabuleuse, il faut faire du punting. C’est une visite à bord d’une barque le long des Collèges. Une visite guidée qui ne dure pas plus de trente minutes mais qui reste gravée à jamais dans la mémoire de tout visiteur.
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