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La lecture ?…non merci

Othmane a 18 ans. Comme beaucoup d’autres jeunes de sa génération, la lecture… c’est son dernier souci. Il est pourtant conscient de son intérêt et de ses bienfaits.

« La lecture est quelque chose de très important. Elle perfectionne le niveau, et aide aussi à maîtriser et à dominer la langue, quelle qu’elle soit. Malheureusement, je ne suis pas un  bouquineur. Je n’apprécie pas l'idée de rester fixé un certain temps sur un livre. Au lieu de lire, je préfère « tchatcher » avec mes ami(e)s ou naviguer sur le web. Même si je sais très bien que c'est une mauvaise habitude… ».

 

Mauvaise habitude, la messe est dite. Dans les bus, trains, et autres cafés, très peu de Marocains prennent la peine de tenir un journal ou un ouvrage entre les mains.

Pourtant, l’Islam n’a eu de cesse d’appeler à l’apprentissage et au savoir.

On est donc loin de ces images qui nous viennent d’Europe où l’on voit des personnes concentrées, fixées sur leurs textes dans les métros et tramways. 

 

Le comble ? Depuis quelques années, Internet ne cesse de creuser le fossé entre les individus et le support papier sous ses déférentes déclinaisons (journaux, livres, …).

Mohamed, est plus nuancé dans son propos. Pour lui, tout le monde lit. « Mais que lit-on et dans quelle langue? » s’interroge ce jeune chercheur biologiste.

 

Il existe, d’après lui, différents lecteurs. « Pour certains, la lecture est un prétexte pour se préparer aux entretiens ou pour parfaire leur niveau linguistique. Pour d’autres, cela permet de se faire sa propre opinion sur un sujet donné. Ces derniers lisent tout ce qui leur tombe dans les mains (journaux, revues, romans,...).

 

Il existe, par ailleurs, d’autres personnes dont le souci premier est de mieux comprendre leur religion. Ainsi leurs lectures s’intéressent davantage au Coran, à la vie du prophète…

Il y a, enfin, ceux qui sélectionnent ce qu'ils lisent pour leur attachement à un auteur » estime-t-il.

Une chose est néanmoins sûre : le monde du 21ème siècle marque le passage d’une société de production à une société du savoir.

 

Au Maroc, s’il n’existe pas de statistiques officielles au sujet de la lecture, l’état des lieux de la distribution de la presse donne en revanche quelques indications : 13 exemplaires distribués pour 1000 habitants, contre 38 en Algérie, et 48 en Tunisie. En France, ce ratio est de 295 journaux toujours pour 1000 personnes. Les Japonais restent, eux, les « champions » de la lecture de la presse avec 595 exemplaires pour mille individus. 

En déclarant en 1967 que « les arabes ne lisent pas, et s’ils lisent ne comprennent pas », Moshé Dayan, militaire et homme politique israélien avait-t-il raison ?


Mehdi Kamal Benslimane
2007-07-05
 
 


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