De cette exploitation sexuelle, la femme marocaine en sait quelque chose. Les supports de presse regorgent de faits divers mettant à « nu » une telle situation. Dernier évènement bouleversant, le meurtre de Lamia Denna qui ne voulait pas céder son corps à un « obsédé sexuel ». Résultat : Lamia fut poignardée d'une vingtaine coup de couteaux. Un véritable drame familial.
Lamia Denna est une étudiante marocaine qui poursuivait ses études en Espagne, au sein de la faculté de pharmacie de Grenade. Elle avait comme seul rêve celui de décrocher un diplôme capable de lui assurer un avenir brillant, comme toute personne qui a de l'ambition. Elle n'a pas eu la chance de vivre pour le concrétiser. Pourquoi ? Parce que Manolo R. S., un Espagnol âgé de 52 ans, succombant à son désir bestial de « consommer » le beau corps de Lamia, a décidé de lui porter une vingtaine de coups de couteaux, du fait qu’elle a eu l'audace de résister à « son charme ».
Lamia ne faisait que défendre sa dignité d'être humain et son droit d'être libre de/dans son corps. Que dire d'un meurtre qui coïncide avec le 08 mars ? C'est l'attitude d'un mâle dont le comportement face à une femme est conditionné par son penchant sexuel. Un crime horrible qui met fin à la vie d'une jeune étudiante et tue les rêves de toute une famille.
Au regard de ses actes, Manolo R. S. risque une très lourde peine. L'opinion publique espagnole commence à manifester sa colère contre de tels agissements. Les étudiants, les professeurs et le personnel de la faculté de pharmacie de Grenade ont ouvert le bal en observant, jeudi dernier, cinq minutes de silence à la mémoire de Lamia et en organisant un rassemblement, vendredi 07 mars, en signe de protestation contre ce crime abominable au Jardin del Triunfo.
Le comble dans l'histoire, est que, selon le chef de la police de Grenade, Lamia et ses colocataires (une marocaine et une autre espagnole) offraient du travail à Manolo, qui, selon les déclarations des autorités locales souffrait d'une « situation économique précaire ». Autrement dit, Lamia est ses amies aidaient le « mauvais homme » à survivre dignement, en lui proposant des « bricoles » à la maison.
Malgré les difficultés financières de la vie en Espagne, Lamia et ses copines ont voulu être charitables. C'était mal connaître l'espèce de personnes à laquelle appartient Manolo ? Le « mauvais mâle » (pour ne pas dire bonhomme, parce qu'il n'a rien de bon ni d'humain) lui a été « reconnaissant », ce mardi matin 04 mars 2008, quand, la voyant résister à ces « envies », lui ôte la vie. Elle ne savait pas que Manolo « était connu des services de police pour ses antécédents de violence et d'agressions sexuelles », elle lui a fait confiance. Il avait l'âge d'un père.
A la veille de la journée internationale de la femme, célébrée cette année en guise de protestation contre l'exploitation sexuelle de celle-ci, Lamia incarne bien le statut de martyr de cette cause.
Que ton âme dort en paix Lamia, tu as honoré la dignité qui doit revenir à la femme : celle de ne pas être considérée comme une poupée à satisfaire les désirs bestiaux de monsieur !