Chômage des diplômés : pourquoi l’université ne peut pas porter seule la responsabilité

Chômage des diplômés : pourquoi l’université ne peut pas porter seule la responsabilité

Publié le 29 janvier 2026

Le chômage des diplômés continue de susciter de vifs débats au Maroc. Ce lundi 26 janvier, la question a été au cœur des échanges à la Chambre des représentants, en présence du ministre de l’Enseignement supérieur, Azzedine El Midaoui. Message central : l’université joue un rôle clé dans la formation, mais elle ne peut, à elle seule, résoudre le problème de l’emploi des jeunes diplômés.

L’emploi, avant tout une question de dynamique économique

Face aux députés, le ministre a rappelé une réalité souvent occultée : même une formation de qualité ne garantit pas automatiquement un emploi si l’économie nationale ne crée pas suffisamment d’opportunités. Le chômage des diplômés est donc étroitement lié à la croissance, à l’investissement et aux besoins réels du marché du travail. Faire porter toute la responsabilité à l’université reviendrait à ignorer ces facteurs structurels.

Mieux relier l’université au monde du travail

Pour améliorer l’insertion professionnelle des jeunes, le ministère mise sur une approche plus connectée aux réalités économiques. Plusieurs leviers sont déjà activés :

  • le renforcement des compétences linguistiques,

  • le développement de parcours co-construits avec les entreprises,

  • la généralisation de l’alternance,

  • et la création d’espaces dédiés à l’employabilité au sein des universités.

Objectif : rapprocher les études supérieures des attentes concrètes du marché de l’emploi.

Un maillage universitaire renforcé à l’échelle nationale

Autre annonce majeure : la création de plus de 50 nouveaux établissements universitaires à travers le Royaume. Cette expansion vise à favoriser la mobilité des étudiants entre les régions, encourager le brassage culturel et offrir des parcours plus adaptés aux réalités locales, tout en améliorant la préparation à l’insertion professionnelle.

Langues : un enjeu stratégique dès l’amont

La question linguistique a également occupé une place importante dans les discussions. Le ministre a insisté sur le rôle désormais incontournable de l’anglais dans la recherche scientifique et l’innovation. Il a toutefois souligné une limite majeure : l’université ne peut corriger, en quelques années, des lacunes linguistiques accumulées tout au long du parcours scolaire. D’où la nécessité d’une approche globale, dès les premiers cycles de l’enseignement.

Une responsabilité partagée pour l’avenir des jeunes

En conclusion, le ministre a appelé à une mobilisation collective. Universités, collectivités territoriales, élus, entreprises et acteurs économiques doivent agir ensemble. L’insertion professionnelle des diplômés n’est pas seulement une question académique : c’est un enjeu national qui concerne tout l’écosystème de l’éducation, de la formation et de l’emploi.

Pour les étudiants et les familles, le message est clair : l’orientation, l’acquisition de compétences transversales et la compréhension du marché du travail sont désormais aussi déterminantes que le diplôme lui-même.

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