Entretien avec M. Abdesslam Benahra

Entretien avec M. Abdesslam Benahra

Entretien avec M. Abdesslam Benahra, Président de la FMEP (Fédération Marocaine de l’Enseignement Professionnel Privé)

« Les Lauréats de la formation professionnelle privée sont dotés d’un fort potentiel d’employabilité »

La formation professionnelle privée se positionne aujourd’hui sur plusieurs segments métiers. Comment a évolué l’offre du secteur et quels sont les principaux domaines qu’elle couvre actuellement?

En effet, le secteur de la formation professionnelle privée est en constante évolution, il est forcément en veille permanente pour coller à la demande du marché de l’emploi.  Fort de plus 1400 établissements et 80.000 étudiants – stagiaires, dont plus de 8.000 ressortissants étrangers, la formation professionnelle privée forme dans 100 filières – métiers, allant du niveau Bac-3 au niveau Bac+3. Et ce, jusqu’au Master professionnel Bac+5, dans le cadre de la formation continue alternée.

Les Lauréats de la formation professionnelle privée sont dotés d’un fort potentiel d’employabilité. Car nous accompagnons et nous ciblons les secteurs économiques mondiaux où le Maroc s’est bien positionné, à savoir  le PNEI (Plan National d’Emergence Industrielle), Plan Maroc Numeric 2020, Azur : Hôtellerie & Tourisme, Logistique et Transport, Rawaj : Commerce & Distribution, Casa Finance City, … Mais la formation professionnelle privée opère aussi, cette fois-ci, en leader (public et privé confondus)  dans les métiers liés au service des Personnes : Paramédical, Spa & Bien être, ….

Durant les dernières années, les établissements de formation professionnelle privée ont commencé à proposer des formations supérieures comme la licence et le master. Qu’est-ce qui explique cette tendance selon vous ? En répondant à votre première question, vous y remarquerez que le secteur de la formation professionnelle privée est en phase avec les métiers mondiaux où notre pays s’est remarquablement positionné. Par conséquent, les multinationales majoritairement à management anglo-saxon, n’ont aucun référentiel de qualification Bac+2 (DTS, BTS, DUT). Toutes les multinationales classifient leur capital humain en input (Recrutement) selon le système LMD (Licence Master Doctorat).

Aujourd’hui, plusieurs de nos écoles accréditées ont conclu des conventions de partenariat avec des écoles supérieures et universités européennes ou nord-américaines, pour précisément offrir à nos lauréats Bac+2, la possibilité d’aller vers une licence professionnelle. Et pourquoi pas, jusqu’au Master Bac+5.

Notez au passage que les universités marocaines nous ont fermés leurs portes, malgré la signature à Nador le 14 juillet 2008 de la convention de partenariat de développement des licences professionnelles par deux ministres de tutelle, sous la Présidence effective de Sa Majesté Le Roi Mohamed VI que Dieu le Glorifie.

Ces compléments de formation augmentent-ils l’employabilité des Techniciens Spécialisés ? Bien entendu, à fortiori, quand un Technicien Spécialisé prépare sa licence en alternance ou en cours du soir, ça lui permet d’effectuer un stage de longue durée ou de travailler, tout en consolidant son profil. Notamment en améliorant tant ses Hard que ses Soft Skills.

Selon les chiffres du ministère de tutelle pour l’année 2017-2018, seuls 403 des 1221 établissements autorisés sont accrédités. Cela n’affecte-t-il pas la crédibilité du secteur ?

En aucun cas. Car il ne faut pas perdre de vue que le processus d’accréditation est un acte volontaire à l’initiative de chaque établissement. Et vous avez des filières-métiers qui ne sont pas compatibles avec les normes actuelles d’accréditation, notamment les filières de services à la Personne.

Ceci dit, l’accréditation reste un facteur de contrôle qualité des cursus de formation de tout établissement qui se respecte. Sans négliger que les diplômes accrédités sont visés par l’Etat et ouvrent la possibilité d’intégrer la fonction publique.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes et aux parents pour bien choisir la formation et l’établissement qui correspondent à leurs attentes ? Ne jamais se sous-estimer, car chaque jeune à tout le potentiel et toute la capacité de se réaliser et de s’épanouir dans le métier qui lui conviendra par envie personnelle. On peut commencer sa vie active par un métier précis, tout en  étant certain que ce (cette) jeune pourra changer de métier avec succès s’il (elle) le désire plus tard. Car 80 % des métiers qu’on exercera dans 20 ans ne sont pas connus aujourd’hui.

Pour le choix de l’établissement, le meilleur conseil à suivre, c’est de ne pas se fier qu’à l’image digitale (site web, réseaux sociaux, …). Il faut visiter l’établissement, ses salles, ses équipements, son infrastructure, demander à rencontrer  les anciens lauréats, ses enseignants et vérifier la réalisation des activités extra-formatives : visites d’entreprises, stages, activités culturelles et sportives.