
L'abandon des études constitue l'un des principaux défis de l'enseignement supérieur public au Maroc. Lors d'une séance de questions orales à la Chambre des représentants, le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l'Innovation, Azzedine El Midaoui, a indiqué que près d'un étudiant sur deux quitte l'université dès la première année.
Le ministre a également attiré l'attention sur les difficultés d'insertion professionnelle rencontrées par les diplômés de certaines filières de licence, où le taux de chômage dépasse 20 %.
Ces chiffres mettent en évidence deux enjeux majeurs pour l'université marocaine : améliorer la réussite des étudiants tout au long de leur cursus et renforcer l'adéquation entre les formations proposées et les perspectives d'emploi.
La prolongation des études représente aussi un coût supplémentaire. Selon les estimations présentées par le ministre, le coût de formation pourrait passer de 128 millions à 400 millions de dirhams lorsque le cursus se prolonge de deux années. Le périmètre exact de cette comparaison reste toutefois à préciser.
La pression sur les universités publiques devrait s'accentuer au cours des prochaines années. Selon les prévisions évoquées par le ministre, les effectifs étudiants pourraient augmenter de 35 % à l'horizon 2030.
Sans réorganisation, certains grands établissements universitaires pourraient atteindre jusqu'à 200 000 étudiants, accentuant les difficultés liées à l'encadrement pédagogique, aux infrastructures et aux conditions d'apprentissage.
Cette évolution démographique pousse le ministère à revoir la répartition des universités sur le territoire national, afin de mieux accompagner la croissance des effectifs et de rapprocher l'offre de formation des étudiants.
Pour répondre à ces défis, le ministère prépare une nouvelle carte universitaire prévoyant de porter le nombre d'universités publiques de 12 à 27.
L'objectif annoncé est de mieux répartir les étudiants et de limiter les effectifs à 40 000 étudiants par université, afin de favoriser des structures plus adaptées à leur accompagnement.
Le ministre a notamment souligné les déséquilibres territoriaux actuels. Selon les données présentées, la moitié des établissements universitaires se concentre dans huit provinces, tandis que plus de 37 provinces ne disposent d'aucun établissement.
La nouvelle organisation devrait ainsi contribuer à réduire les disparités d'accès à l'enseignement supérieur entre les différentes régions du Royaume.
Parmi les territoires concernés par le renforcement de l'offre universitaire figurent Dakhla, Laâyoune, Guelmim et Errachidia.
Une enveloppe prévisionnelle de 200 millions de dirhams a été évoquée pour cette étape du projet.
Le ministre a toutefois précisé que les nouvelles implantations devront répondre à des critères scientifiques et pédagogiques, tout en tenant compte des ressources humaines et financières disponibles.
L'objectif n'est donc pas uniquement de multiplier les établissements, mais aussi de proposer une offre de formation cohérente avec les besoins des territoires, sans limiter la mobilité des étudiants entre les régions.
Au-delà de la réorganisation des universités, les conditions de vie des étudiants ont également occupé une place importante dans les échanges parlementaires.
Les députés ont notamment évoqué l'insuffisance des bourses universitaires, les retards de versement et le manque de places dans les résidences universitaires.
Le député Khalid El Ajli a appelé à une revalorisation des aides financières, affirmant que le montant des bourses n'aurait pas été révisé depuis 2019. Selon ses déclarations, cette aide représenterait au maximum l'équivalent de 17 dirhams par jour.
Ces préoccupations rappellent que la réussite universitaire dépend également des conditions matérielles dans lesquelles les étudiants poursuivent leurs études, particulièrement lorsqu'ils doivent quitter leur ville d'origine.
Les formations à horaire aménagé, destinées notamment aux salariés et aux fonctionnaires souhaitant poursuivre leurs études, ont également suscité des débats.
La députée Iitimad Zahidi a contesté les frais appliqués à ces formations et plaidé pour leur gratuité au profit des étudiants salariés.
En réponse, le ministre s'est déclaré disposé à examiner cette question devant la commission parlementaire compétente.
Il a par ailleurs souligné que l'aménagement des horaires aurait permis de réduire de 25 à 30 % l'encombrement dans certains grands établissements, où les étudiants salariés et les fonctionnaires peuvent représenter jusqu'à 40 % des effectifs.
Pour les futurs bacheliers et les étudiants déjà inscrits à l'université, cette réforme pourrait progressivement modifier la répartition des établissements et les possibilités de poursuivre des études supérieures dans leur région.
Mais au-delà de la création de nouvelles universités, plusieurs questions restent essentielles : comment réduire l'abandon en première année, améliorer l'encadrement pédagogique et faciliter l'accès à l'emploi après l'obtention du diplôme ?
La réussite de cette réorganisation dépendra notamment des moyens mobilisés, de la qualité des formations et de leur capacité à répondre aux attentes des étudiants comme aux besoins du marché du travail.
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L'abandon des études constitue l'un des principaux défis de l'enseignement supérieur public au Maroc. Lors d'une séance de questions orales à la Chambre des représentants, le ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l'Innovation, Azzedine El Midaoui, a indiqué que près d'un étudiant sur deux quitte l'université dès la première année.
Le ministre a également attiré l'attention sur les difficultés d'insertion professionnelle rencontrées par les diplômés de certaines filières de licence, où le taux de chômage dépasse 20 %.
Ces chiffres mettent en évidence deux enjeux majeurs pour l'université marocaine : améliorer la réussite des étudiants tout au long de leur cursus et renforcer l'adéquation entre les formations proposées et les perspectives d'emploi.
La prolongation des études représente aussi un coût supplémentaire. Selon les estimations présentées par le ministre, le coût de formation pourrait passer de 128 millions à 400 millions de dirhams lorsque le cursus se prolonge de deux années. Le périmètre exact de cette comparaison reste toutefois à préciser.
La pression sur les universités publiques devrait s'accentuer au cours des prochaines années. Selon les prévisions évoquées par le ministre, les effectifs étudiants pourraient augmenter de 35 % à l'horizon 2030.
Sans réorganisation, certains grands établissements universitaires pourraient atteindre jusqu'à 200 000 étudiants, accentuant les difficultés liées à l'encadrement pédagogique, aux infrastructures et aux conditions d'apprentissage.
Cette évolution démographique pousse le ministère à revoir la répartition des universités sur le territoire national, afin de mieux accompagner la croissance des effectifs et de rapprocher l'offre de formation des étudiants.
Pour répondre à ces défis, le ministère prépare une nouvelle carte universitaire prévoyant de porter le nombre d'universités publiques de 12 à 27.
L'objectif annoncé est de mieux répartir les étudiants et de limiter les effectifs à 40 000 étudiants par université, afin de favoriser des structures plus adaptées à leur accompagnement.
Le ministre a notamment souligné les déséquilibres territoriaux actuels. Selon les données présentées, la moitié des établissements universitaires se concentre dans huit provinces, tandis que plus de 37 provinces ne disposent d'aucun établissement.
La nouvelle organisation devrait ainsi contribuer à réduire les disparités d'accès à l'enseignement supérieur entre les différentes régions du Royaume.
Parmi les territoires concernés par le renforcement de l'offre universitaire figurent Dakhla, Laâyoune, Guelmim et Errachidia.
Une enveloppe prévisionnelle de 200 millions de dirhams a été évoquée pour cette étape du projet.
Le ministre a toutefois précisé que les nouvelles implantations devront répondre à des critères scientifiques et pédagogiques, tout en tenant compte des ressources humaines et financières disponibles.
L'objectif n'est donc pas uniquement de multiplier les établissements, mais aussi de proposer une offre de formation cohérente avec les besoins des territoires, sans limiter la mobilité des étudiants entre les régions.
Au-delà de la réorganisation des universités, les conditions de vie des étudiants ont également occupé une place importante dans les échanges parlementaires.
Les députés ont notamment évoqué l'insuffisance des bourses universitaires, les retards de versement et le manque de places dans les résidences universitaires.
Le député Khalid El Ajli a appelé à une revalorisation des aides financières, affirmant que le montant des bourses n'aurait pas été révisé depuis 2019. Selon ses déclarations, cette aide représenterait au maximum l'équivalent de 17 dirhams par jour.
Ces préoccupations rappellent que la réussite universitaire dépend également des conditions matérielles dans lesquelles les étudiants poursuivent leurs études, particulièrement lorsqu'ils doivent quitter leur ville d'origine.
Les formations à horaire aménagé, destinées notamment aux salariés et aux fonctionnaires souhaitant poursuivre leurs études, ont également suscité des débats.
La députée Iitimad Zahidi a contesté les frais appliqués à ces formations et plaidé pour leur gratuité au profit des étudiants salariés.
En réponse, le ministre s'est déclaré disposé à examiner cette question devant la commission parlementaire compétente.
Il a par ailleurs souligné que l'aménagement des horaires aurait permis de réduire de 25 à 30 % l'encombrement dans certains grands établissements, où les étudiants salariés et les fonctionnaires peuvent représenter jusqu'à 40 % des effectifs.
Pour les futurs bacheliers et les étudiants déjà inscrits à l'université, cette réforme pourrait progressivement modifier la répartition des établissements et les possibilités de poursuivre des études supérieures dans leur région.
Mais au-delà de la création de nouvelles universités, plusieurs questions restent essentielles : comment réduire l'abandon en première année, améliorer l'encadrement pédagogique et faciliter l'accès à l'emploi après l'obtention du diplôme ?
La réussite de cette réorganisation dépendra notamment des moyens mobilisés, de la qualité des formations et de leur capacité à répondre aux attentes des étudiants comme aux besoins du marché du travail.
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